
Le titre de cette page annonce un gaz qui disparaîtrait de nos vies en 2022. En la relisant, nous avons constaté que cette promesse ne tenait pas : aucun gaz n’a été interdit d’usage en France en 2022, et rien n’a obligé qui que ce soit à se débarrasser de son installation. Ce qui a réellement changé à cette date ne concerne que les logements neufs. Nous avons préféré corriger la page plutôt que de la laisser promettre un événement qui n’a pas eu lieu.
- ▸Aucune interdiction générale du gaz n’est entrée en vigueur en 2022 pour les logements existants.
- ▸Ce qui change au 1er janvier 2022 : la RE2020 s’applique aux maisons individuelles et aux immeubles de logements collectifs neufs (ministère de la Transition écologique).
- ▸Le sujet de fond reste le méthane, composant principal du gaz naturel, dont le pouvoir de réchauffement global dépasse largement celui du CO2.
- ▸Une chaudière déjà installée n’a pas à être remplacée du jour au lendemain : la bascule se joue au moment du renouvellement de l’équipement.
La réponse courte : aucun gaz n’a disparu de nos vies en 2022
Cette page corrige son propre titre, sans le masquer. La version précédente affirmait qu’une décision radicale des autorités allait faire entrer la France dans un monde sans gaz dès 2022. Cette affirmation n’était adossée à aucune source, et elle est fausse : en 2022, aucun texte n’a retiré le gaz naturel, le propane ou le butane de la vie quotidienne des ménages français.
La confusion vient d’un fait réel, mais dont le périmètre est bien plus étroit que ce que le titre laissait croire. Ce fait, c’est l’entrée en application de la réglementation environnementale de la construction neuve.
« Au 1er janvier 2022 : maisons et immeubles de logements collectifs. »— Ministère de la Transition écologique, calendrier d’application de la RE2020
Ce qui a réellement changé au 1er janvier 2022
Le ministère de la Transition écologique fixe le calendrier d’application de la RE2020. Pour le logement, la date retenue est le 1er janvier 2022, et elle vise les maisons individuelles ainsi que les immeubles de logements collectifs.
Deux précisions changent tout, et elles manquaient à la version précédente de cet article :
- ✓Le texte porte sur la construction neuve. Un logement déjà bâti n’entre pas dans son champ.
- ✓Il ne prononce pas une interdiction nominative du gaz : il fixe des exigences de performance que le projet de construction doit atteindre.
- ✓Les équipements déjà installés ne sont pas retirés du marché par ce seul texte.
Pourquoi le méthane reste le vrai sujet
Le gaz naturel est composé majoritairement de méthane. À masse égale, le méthane réchauffe l’atmosphère bien davantage que le dioxyde de carbone : le Citepa, qui établit l’inventaire national des émissions, retient un pouvoir de réchauffement global de 27,9 sur cent ans d’après le sixième rapport d’évaluation du GIEC, contre 28 dans le cinquième.
C’est ce qui explique l’attention portée aux fuites tout au long de la chaîne, de l’extraction au réseau de distribution : une molécule qui s’échappe sans être brûlée pèse bien plus lourd qu’une molécule brûlée. La version précédente de cette page avançait un facteur différent sans dire d’où il venait ; nous avons repris la valeur publiée par l’organisme qui tient l’inventaire, et nous l’avons datée.
Et pour un logement déjà équipé au gaz ?
Rien n’impose de déposer une chaudière en état de marche. La question se pose au moment du renouvellement de l’équipement, et c’est là que la comparaison entre les modes de chauffage devient utile : coût d’installation, coût d’usage, contraintes propres au logement.
Avant même de choisir une énergie, le levier le plus sûr reste celui de la demande : un logement mieux isolé consomme moins, quel que soit l’appareil qui le dessert.
- ✓Traiter d’abord l’isolation et l’étanchéité à l’air, qui commandent le besoin.
- ✓Comparer les coûts complets sur la durée de vie de l’équipement, pas seulement le prix d’achat.
- ✓Faire vérifier l’installation existante et son entretien, qui reste une obligation indépendante de tout débat sur l’énergie.
Ce que nous avons retiré de cette page
Trois passages ont été supprimés parce qu’ils ne reposaient sur rien de vérifiable :
- ✓Une interdiction générale du gaz présentée comme actée pour 2022. Aucun texte ne la porte.
- ✓Un lien de causalité sanitaire attribué à des études qui n’étaient ni nommées ni datées. L’affirmation a été retirée, et non remplacée par une autre.
- ✓Un facteur de comparaison entre méthane et CO2 donné sans émetteur ni horizon de temps. Il cède la place à la valeur publiée et datée de l’organisme compétent.



